mercredi 21 juillet 2021

Louis Aimé Japy

 Louis Aimé Japy (1839-1916) est un peintre français du XIXe et XXe siècle.



Né le 19 octobre 1839 à Berne (commune de Seloncourt, Doubs), Louis Japy naît dans une famille comtoise de riches d'industriels en horlogerie, celle de ses cousins fortunés dont il ne partage que le sang et le nom.  Se refusant à poursuivre ses études d'ingénieur à l'Ecole Centrale dès l'âge de vingt ans et refusant de facto une carrière professionnelle dans l'industrie de ses cousins, Louis Japy décide de se consacrer à sa passion : la peinture de paysage.  

Autodidacte, Japy s'initie d'abord chez le bucolique Louis Français (1814-1897), peintre de la superbe pléiade des maîtres paysagistes de 1830. Tour à tour élève de Français "dont il a su de bonne heure se dégager de l'influence" selon Georges Petit, puis de Camille Corot (1796-1875), son influence majeure, et de Paul Lecomte; il peint initialement des paysages d'Italie puis ceux  de régions françaises :  Franche-Comté dont le Jura et le Doubs, Bourgogne, Bretagne, Normandie, Picardie dont principalement l'Oise, Val de Loire, Isère.  "Vous êtes comme nos boeufs ! Vous travaillez aussi de la tête ! " lui dit un jour un paysan jurassien qui l'observe peindre longuement sur le motif, avec l'ardeur d'un ermite tout à son art.  Le Comtois parcourt les campagnes françaises au nord de l'hexagone. A Douarnenez, il descend à l'Hôtel Vedeler, établissement notamment fréquenté par les peintres William Bouguereau et Emmanuel Lansyer.

Sa peinture toute en sensibilité et étrangère au réalisme s'avère construite.  "Le dessin est l'orthographe de la peinture" confie-t-il à Paul Eudel. Corot considère Japy comme l'un de ses meilleurs élèves. Comme son maître, le Comtois visite donc l’Italie et comme lui préfére les bords du lac Némi aux colorations chaudes de Venise.

 

Louis Aimé Japy, huile sur toile, 52 par 65, sbd.

 

Considéré comme un peintre de l'école de Barbizon, Japy débute au Salon des artistes français en 1864 et y expose jusqu'en 1914.  "Un nom nouveau, M. Louis Japy, et un bon paysage de plus : le sien, composition charmante, de la lumière, beaucoup d’air et du style par dessus le marché " estime Le Charivari au sujet du Salon de 1865. "Harpignies, Daubigny, Japy, quelle singularité de consonnance" note L'Echo des Beaux-Arts en juillet 1870.  Une toile de Japy exposée au Salon de 1886, Le calme, est acquise par la ville de Morlaix pour son musée.  "Dans Bouleaux el Bruyères, de M. Louis Japy, on trouve la douceur vaporeuse des matins du maître Corot, et ce n’est pas un mince compliment que j'adresse a Louis Japy car j’ai une grande admiration pour cette école." apprécie le critique Louis Constant à propos du Salon 1914.  Japy  obtient une médaille au Salon de 1870, une médaille de seconde classe en 1873 et devient sociétaire du Salon des artistes français en 1883.

 


En mai 1884, il disperse 38 tableaux (expertisés par Georges Petit) chez le commissaire-priseur Paul Lechevallier à Drouot. Une première pour lui. Par ailleurs, son travail est récompensé par la médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1889, puis à celle de 1900. En 1894, le fameux Georges Petit (1856-1920), le principal promoteur des impressionistes avec Durand-Ruel,  organise une exposition individuelle de Japy, Souvenirs de Picardie,  dans sa galerie de la rue Godot de Mauroi. En 1902, Japy dont la palette davantage éclaircie trahit l'influence impressionniste  est présent à l'exposition du palais des beaux-arts de Monaco. En 1904, Japy participe à l'album antimilitariste réalisé pour les victimes de la guerre russo-japonaise, ce avec entre autres Claude Monet, Léandre, Steinlein, Lemordant, Henri Martin, Fantin-Latour... Japy  reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur en octobre 1906. Il réside alors au 157 rue de Rome dans le VIIIe arrondissement. En 1909, il est exposé chez le galeriste parisien  Chaine et Simonson, rue Caumartin. Le Journal des Artistes estime alors que certaines oeuvres de cette exposition individuelle mériteraient les cimaises du Luxembourg et du Louvre.  "Et Dieu nous garde des Trouillebert !" conclue le titre de presse. Trouilebert, un suiveur servile de Corot. En 1913, à l'occasion d'une nouvelle exposition individuelle chez Chaine et Simonson en janvier-février, le célèbre critique d'art André Warnod, spécialiste de l'école de Paris, estime dans Comoedia que "Louis Japy est des derniers peut-être de ces paysagistes consciencieux et passionnés de la nature, qui ont passé leur existence à la glorifier dans leurs tableaux,  en saisissant sur leurs toiles ce qui les enchantait. Il a su traduire ces impressions avec beaucoup de finesse. Louis Japy est un des derniers survivants de ces artistes qui, avec Harpignies, ont suivi les leçons de Corot ".

Le vieux maître meurt à l'âge de 75 ans le 8 janvier 1916 au 31 Boulevard Berthier à Paris. Dès 1918, la Galerie des Artistes Modernes présente une rétrospective Japy à Paris. En 1920 toujours à Paris, la galerie Reitlinger expose Japy. En 1989 à l'Université Bordeaux III, Emmanuelle Roy consacre un mémoire de maitrise à Japy :  Le peintre Louis-Aimé Japy (1839-1916).

 

 


 

Des oeuvres de Japy sont présentes dans les collections publiques en France  ( Bar-le-Duc, musée barrois ( Paysage ; Musée d'Évreux ( Le Soir dans les bouleaux, huile sur toile) ; Le Puy-en-Velay, musée Crozatier ( Étude d'arbres, huile sur toile ; Paysage, vers 1900, huile sur toile) ; Palais des beaux-arts de Lille ( Paysage, huile sur toile) ; Musée des beaux-arts de Pau ( Avril dans les bois de Pierrefonds, 1887, huile sur toile) ; Lagny-sur-Marne, musée Gastien-Bonnet ; Musée d'Art et d'Histoire à Langres ; Musée de Peinture Petiet à Limoux ; Morlaix ; Paris, musée d'Orsay et musée du Louvre, département des Arts graphiques ; Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie Joseph Déchelette à Roanne (Marais en Picardie) ; Saint-Étienne (Travaux des Champs dans l'Ain). 

Japy est également présent dans des musées à  l'étranger : Amsterdam, Boston (USA), Galerie nationale hongroise à Budapest, Londres, Manchester (GB), Salford Museum and Art Gallery à Salford (GB ; Le Printemps dans la Vallée de la Somme), Vienne, Washington (Printemps à la Montagne ; Crépuscule en Bretagne).

L'intérêt des amateurs pour  l'oeuvre de Japy ne se dément pas de nos jours. Aujourd'hui, la galerie Mark Murray Fine Paintings à New-York recherche ainsi des oeuvres de Japy. De même, en Grande-Bretagne, la galerie Leighton Fine Art.








2 commentaires:

  1. Merci pour votre intéressant article sur ce peintre pas forcément le plus connu mais très talentueux.
    Il existe aussi une petite brochure peu fréquente éditée par Léon Sahler en 1919.

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  2. Absolument, je partage votre avis sur ce beau peintre. Merci de votre précision à son sujet. Bonne soirée.

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